Le Pardon

Nous pouvons trouver beaucoup de choses sur le pardon, notamment avec cet avènement et expansion du « New Age« . Il est important de rester vigilant et de ressentir si ce que nous lisons, regardons, et entendons, nous ramollit ou, au contraire, nous renforce. Je vous parle ici de ma propre expérience. J’ai encore du travail concernant le pardon envers moi-même et les autres. Des années de rancoeur à nettoyer pour tout ce que j’ai fait, que j’ai laissé me faire et que je n’ai pas fait.

Du plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais eu confiance en moi. J’avais peur de parler, de m’affirmer, et donc d’exister. Mon attitude à l’école, en société, et même chez mes parents était de m’effacer, me faire la plus discrète et silencieuse possible. On me répétait souvent que j’étais « sage comme une image ». Quelle drôle de comparaison, en tant qu’être vivant, j’étais associée à un objet inanimé. Ce qui m’agaçait le plus est, qu’en vérité, ils avaient raison. Pendant des années, j’ai laissé les autres m’utiliser, s’essuyer les pieds sur moi, pour rester polie, et me rabaisser. Quand j’ai commencé à prendre conscience, à ouvrir les yeux sur ma responsabilité dans tout cela, le choc a été violent. J’ai compris que par mon comportement, je ne prenais pas la place que je devais prendre, et je créais par conséquent un vide. Et comme la nature comble le vide, les autres venaient remplir cet espace que je ne prenais pas. Avec le recul, je vois cela comme un coup de pouce de l’univers qui me taquinait pour m’inciter à prendre ma place, pour que je me réveille et pose des limites à ce qui est acceptable ou pas.

J’ai commencé à méditer de façon quotidienne quand je vivais à Paris. En fermant les yeux, je pensais fortement à ce que je voulais voir, ouvrir ou guérir. J’ai eu beaucoup de réponses qui m’ont aidé à avancer dans ma quête vers qui je suis vraiment. Grâce à cette pratique, j’ai pû lâcher un poids que je trimballais depuis mes 10 ans. A cet âge, quelqu’un m’a fait des attouchements sexuels pendant plus d’une année, et un jour, il a voulu faire plus. J’ai eu beaucoup de chance, car je me suis défendue, j’ai pris ma place. J’ai vu des psy, qui ne m’ont pas aidé, je n’ai pas trouvé de solutions pour aller mieux et guérir ma peur des hommes. C’est en méditant un matin, que la réponse a « coulé » en moi. J’ai compris en le ressentant dans tout mon corps, que cette personne avait fait ça parce qu’elle allait très mal et elle ne savait pas comment le gérer. J’ai senti le besoin d’aller lui parler en vrai pour lui dire que je le pardonnais, pour avancer dans ma vie, sans cautionner pour autant ce qu’il avait fait. Le pardonner a été plus simple que de me pardonner moi. C’est un travail toujours en cours.

Pour la peur des hommes, c’est en apprenant le Kung-fu que je l’ai surmonté. Savoir que je peux me défendre, que j’ai le droit, m’a beaucoup aidé ! Je vous fais part d’une pensée personnelle, j’aime à penser que si toutes les femmes savaient se défendre, se faire respecter tout en se respectant elles-mêmes, il y aurait moins d’abus.

Avec cette expérience, j’ai continué à attirer des pervers et eu quelques aggressions jusqu’en 2014. En même temps, j’avais peur et je me conditionnais mentalement à ce qu’il m’arrive quelque chose dès que je mettais le nez dehors. De part mes pensées, je comprends que j’ai attiré ces expériences. Aujourd’hui, je suis heureuse d’être sortie du stade de victime, et j’ai fait un nettoyage sur mes croyances concernant les femmes. Notre mère étant notre premier modèle féminin, quand celle-ci a peur des hommes et n’a pas guérie ses blessures, bien souvent, nous récuperons ses peurs et développons les mêmes mécanismes, vivant ainsi les mêmes expériences. A l’heure actuelle, s’il m’arrive d’attirer encore des « pervers », je n’ai plus peur car j’ai retrouvé ma force intérieure. J’ose répondre et surtout je rigole, je prends les choses moins personnellement comprenant qu’ils souffrent plus que moi.

Voilà une photo d’Heidi Williams, une femme qui s’est reconstruite grâce au yoga après un viol. Voir des personnes réussirent après ce genre d’expérience me touche et m’inspire énormément !

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Ce n’est pas ce que nous avons vécu qui importe, c’est ce que nous en faisons et (nous) racontons ensuite qui est important.

Avec tout mon amour.

Mathilde

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